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mardi 25 septembre 2007

Incroyable, et pourtant vrai...malheureusement!

Peu de temps pour écrire en ce moment, principalement pour cette raison ...

Mais pour signaler ce qui s'est passé hier à l'Université de Columbia où le Président Ahmadinejad avait été invité pour une conférence publique, ce qui en soi est déjà critiquable.

Au moins, cela aura permis de confirmer une chose. Cet homme est dangereux!


Tout d'abords, les propos introductifs du Président de l'Université de Columbia :
[...]

Let’s, then, be clear at the beginning, Mr. President you exhibit all the signs of a petty and cruel dictator.

And so I ask you:

Why have women, members of the Baha’i faith, homosexuals and so many of our academic colleagues become targets of persecution in your country?

[...]

Let me close with this comment. Frankly, and in all candor, Mr. President, I doubt that you will have the intellectual courage to answer these questions. But your avoiding them will in itself be meaningful to us. I do expect you to exhibit the fanatical mindset that characterizes so much of what you say and do.

[...]
Le Washington Post a publié l'intégralité des débats lors desquels il était possible de poser des questions par Internet, questions qui ont été posées par un modérateur.

Mais l'introduction du débat par le Président Ahmadinejad est impressionnante, car prise seule, elle peut laisser croire à quelqu'un d'entièrement sain d'esprit. Le reste contredit pourtant largement cette première impression. L'intégralité est intéressante:

Je vous ai laissé son introduction, remarquable de manipulation...et quelques moments autres que la mention des baha'is, si seulement il n'y avait pas tout le reste...l'ensemble en vaut la peine!

AHMADINEJAD (THROUGH TRANSLATOR): In the name of God, the compassionate, the merciful...

TRANSLATOR: The president is reciting verses from the holy Koran in Arabic.

When we take a look around us, we are not happy with what we see. Indeed, it is a most unsatisfactory state of affairs. Insecurity, discrimination and threats of war and security concerns have affected everyone. Continuous wars have, in fact, hurt the human spirit.

I believe if we look at the root cause of some of these problems, we will be able to think of how to build a better future, a more prosperous future, based on peace and security for all humanity.

I believe we all believe strongly that it is possible to create a better world for humanity. And to realize this sublime and beautiful goal, we need to take a look and revise how we view the world around us.

In looking for the root causes of the world problems today, we first confront deviations on how mankind is viewed and how the world is viewed through the prism and point of view, in fact, of some politicians and statesmen, I would say.

AHMADINEJAD (THROUGH TRANSLATOR): We believe in the sublime value of humanity. The almighty God has replaced his position with man's position on Earth as his representative. He gave dignity to him and respect, and called on mankind to make every effort to move toward a prosperous life and to walk on the sublime path that will help achieve it.

God placed man on Earth as his representative. And to guide him, he sent his prophets. God placed the world in man's hand and helped man control it, gave man talents, with the ability to grow those talents, and placed no limits on man's progress in that respect.

God created man above material being and placed that material being into man's hands for his possession.

What this means is that God placed man on a high status and respected him. So, to God, man is the unified truth beyond geographical borders, colors or ethnicity.

God and all his prophets have addressed all human beings from all segments of life. The greatest harm to mankind is to prevent him from pursuing education, to prevent him from moving on the sublime divine path.

The nature of mankind is imbued with God's spirit. God's spirit helps man pursue science and wisdom and love and beauty and kindness and to render service to other mankind. That's what it invites man to do, so no one should prevent a pursuit of science and knowledge by man.

[...]

Lies are incompatible with the truth of mankind and with the objectives that the divine lord has given us for humanity. Lies are an incorrect reflection of the reality and a reflection of those behavior of the liars and the way they think.

Lies have nothing to do with the divine spirit of mankind. Lies deviate thoughts and lead to judgments that weaken the truth and deviate man's path.

Therefore, lies and deceits are in fact a form of oppressing mankind.

[...]

MODERATOR: We have many questions regarding the Baha'i religious minority in Iran. Many of our questioners say that the Baha'i minority has been deprived of their human rights. What would your response be to that?

AHMADINEJAD (THROUGH TRANSLATOR): In our constitution, Christianity, Judaism, Islam and Zoroastrianism are recognized as the official religions.

AHMADINEJAD (THROUGH TRANSLATOR): When we speak of religion, we refer to divine religions. In our country, we follow that law; a law that is based on the majority vote of the people.

[...]

MODERATOR: Bernard Kouchner, the new French foreign minister, recently said that the world should prepare for war with Iran if negotiations fail. Is Iran willing to go to war with the West to protect the Iranian nuclear program?

AHMADINEJAD (THROUGH TRANSLATOR): First of all, he took back what he said and revised it.

And secondly, the United States and France are not the world -- don't speak for the world. And fundamentally, I think the way -- this way of talking and looking at things is wrong. It's really bad whenever a man fails logic -- when logic fails, basically, to engage in military threats.

We are working under the inspection of the IAEA system and our activities are legal and for peaceful purposes. We have -- we don't want any...
Si quelqu'un a vu Bernard Kouchner retirer ce qu'il a dit, qu'il me le signale? Il a peut-être précisé, mais n'a jamais démenti et a même été confirmé par Nicolas Sarkozy.

S'agissant des mensonges, le gouvernement iranien ne cesse d'en proférer au sujet du nucléaire, de la situation des droits de l'homme, et cela à la face du monde...

vendredi 27 juillet 2007

Persepolis

Superbe film autobiographique de Marjane Satrapi racontant son histoire de petite fille et de jeune femme en Iran.

Les dessins sont sympathiques, les dialogues (joués sans images par trois grandes actrices, Chiari Mastroiani, Catherine Deneuve, et Danièle Darrieux) drôles, le sujet traité difficile.

De quoi obtenir rapidement une première culture de l'histoire de ce pays fascinant et si complexe.

Lorsque l'on voit la difficulté de la vie en Iran pour une jeune fille musulmane, on image le sort de baha'is...

Voir la fiche Allociné

lundi 16 juillet 2007

Du matérialisme à la vie après la mort

Deux petits évènements, absolument pas liés en apparence et pourtant...

Mon ordinateur (enfin plus exactement mon disque dur) a rendu l'âme (un an même pas après son acquisition - Mac n'est plus ce que c'était...), la dernière sauvegarde de données remontait à six bon mois...

Je viens de le récupérer, "tout neuf", tout propre, mais sans aucune donnée...

Un bon entrainement au détachement des choses matérielles :-)

Plus ou moins en même temps, un enième reportage sur le sujet, pourquoi celui-là m'aura marqué, je ne sais pas.

Toujours est-il que je me suis procuré (c'est facile et entièrement gratuit sur internet) une carte de donneur d'organes.

Sujet pas facile à aborder puisqu'il implique d'envisager la possibilité d'une mort violente jeune. Mais qui sait de quoi demain sera fait?

L'occasion de faire une petite recherche sur la position des écrits baha'is sur la question...

Selon Shoghi Effendi et la Maison universelle de justice, rien ne s'oppose au don d'organes, dès lors que la dignité du corps, temple de l'âme, est préservée.

C'est donc dans cette limite que j'accepte de donner des organes et tissus prioritairement pour des greffes, éventuellement pour la science.

En revanche, pas des organes apparents justement pour préserver la dignité du corps.

Bref, de l'apprentissage au détachement des choses matérielles, à envisager la vie après la mort, il n'y a qu'un pas! :-)

samedi 7 juillet 2007

A chacun sa foi!

Une lecture quotidienne récente en passe de devenir l'une de mes citations fétiches...

"J'ai parfait en chacun de vous ma création, pour que l'excellence de mon ouvrage soit pleinement révélée aux yeux des hommes. Ne souffrez donc pas de rester enveloppés des voiles épais de vos égoïstes désirs.

Ainsi l'homme a toujours été et restera à jamais capable de sentir de lui-même la beauté de Dieu, le Glorifié. S'il n'en avait point la faculté, comment pourrait-il être rendu responsable de ne l'avoir pas fait ?

Si, au jour où tous les peuples de la terre seront rassemblés devant Dieu, il était demandé à un homme: "Pourquoi n'as-tu pas cru en ma beauté et t'es-tu détourné de moi ?" et que cet homme répondît: "Je n'ai fait ainsi que suivre l'exemple des autres dont pas un seul ne s'est trouvé pour tourner sa face vers la vérité", une telle sorte de justification serait assurément rejetée.

Car la foi de tout homme ne dépend de personne autre que lui-même."
Quel beau rappel d'une vérité parfois un peu oubliée. La foi de chaque Homme n'est une affaire qu'entre lui et Dieu.

Par conséquent, personne n'a le droit d'interférer dans cette relation.

De même, chaque croyant a la responsabilité de ne laisser personne interférer dans sa relation à Dieu.

dimanche 17 juin 2007

L'avocat de la terreur

Voilà un film documentaire qui prête à réfléchir...

Sur le film en lui-même. Très bonne réalisation. Contrairement à ce qui aurait pu être le cas, il ne s'agit pas d'un pamphlet incendiaire, mais plus d'une recherche documentée, minutieuse, opposant des avis, recoupant des témoignages, cherchant dans des milieux troubles la vérité.

Ce qui frappe à regarder ce film, c'est le sentiment que les forces derrières les luttes terroristes de tout poil depuis la fin de la seconde guerre mondiale sont mûes par une seule volonté: celle de remettre en cause l'ordre mondial tel qu'il existe aujourd'hui et Maître Vergès est l'un des fils rouges (avec quelques autres) de ces combats prenant des formes toutes plus variées les unes que les autres.

Ce film montre à quel point la lutte des Algériens pour l'indépendance, la lutte des Palestiniens contre Israël, la bande à Baader, le groupe de Carlos, le terrorisme d'Etat iranien, le terrorisme islamiste, sont tous liés, promus, soutenus par l'existence de personnes dont le seul objectif est visiblement la remise en cause de l'ordre établi : ils participent probablement des fameuses forces de désintégration évoquées par Shoghi Effendi.

Outre le fait que ce film permet aux nouvelles générations de se donner une base de connaissances sur ces périodes troubles, il permet aussi de relativiser la "nouveauté" de l'actuelle "guerre contre le terrorisme".

Il permet de prendre conscience une fois de plus de l'urgence à agir pour changer ce monde!

Voir la fiche Allociné

jeudi 7 juin 2007

Droits de l'Homme à dimension variable

La Cour suprême iranienne acquitte des meurtriers ayant avoué leur crime au motif que leurs victimes étaient immorales. Ca fait peur...et la source originale est la BBC.

Surtout lorsque l'on sait que l'immoralité est l'un des reproches les plus fréquemment formulés à l'encontre des baha'is en Iran dont la situation ne s'améliore pas (http://www.bahai.fr/iran).

De l'un à l'autre, il n'y a qu'un pas.

A l'inverse, The Guardian (merci à Marco pour le tuyau) prend les baha'is en exemple en matière de droits de l'homme, expliquant que les baha'is défendent les droits de l'homme par principe religieux. Voilà qui est bien dit!

"The example of the Baha'i faith is one way to discredit the idea that universal human rights are in fundamental conflict with the belief in a supreme being. Baha'is have actively used the tools of the United Nations to try to protect their followers from being persecuted for their beliefs. Bahai's have not only benefited from the machinery of human rights, but advocate universal human rights as a point of religious principle. The principle could be extended to other faiths. After all if you believe that a supreme being created the universe, then surely the universal cannot be in conflict with its creator?"

mercredi 25 avril 2007

Tout ça...dans quel but?

Dans une vie bien chargée, beaucoup d'activités en famille et avec les amis, un travail passionnant mais aussi très prenant, de nombreuses activités en dehors dutravail, ajoutez à cela la nécessité de dégager du temps pour remplir de manière responsable ses obligations citoyennes, et voilà que les jours, les semaines et les mois s'enchaînent à un rythme phénoménal.
Heureusement que les activités en famille et avec les amis compensent un peu en garantissant un certain équilibre important dans de telles circonstances.

Mais tout cela dans quel but?

L'objectif est toujours le même. Contribuer à son échelle à trouver des solutions aux problèmes de l'humanité dans son ensemble. Quelle lourde tâche!

Je pense (et je ne suis pas seul) que cela passe par une application permanente dans sa vie de tous les jours, même si c'est loin d'être facile.

L'attitude face à son travail, dans sa relation aux autres, dans la vie quotidienne hors du travail, tant de domaines et de milieux dans lesquels ils est possible d'appliquer, de faire connaître ses valeurs par l'action, et pas seulement en paroles. C'est dans cette optique que la communauté baha'ie offre des activités permettant de découvrir les solutions proposées aux maux de l'humanité

Pendant cette période politiquement agitée, la question se pose de savoir le temps qu'il convient ou non de passer à s'interroger sur son vote.

Quels pouvoirs et surtout quelle vision ont réellement nos hommes/femmes politiques aujourd'hui pour résoudre de manière globale les problèmes de l'humanité?

Ils n'ont ni la vision, ni les moyens quand bien même ils l'auraient, car la résolution globale des problèmes de l'humanité ne peut pas passer par l'action politique des dirigeants, mais elle ne peut venir que des tréfonds de l'humanité, de chacune et chacun d'entre nous décidant de modifier son approche de la vie, de sa vie, et de notre vie ensembles.

Alors voter? Pas voter? Pour qui voter?

Si les solutions ne sont de toute manière pas disponibles aujourd'hui, vaut-il mieux limiter les dégâts et voter au "moins pire" ou au contraire, accélérer la prise de conscience des problèmes empirants afin de permettre un changement réel?

Si l'on décide de voter, quels importance accorder aux différents éléments des programmes avec lesquels on peut ne pas être en accord?

Eternel questionnement...mais avec la conscience qu'il s'agit plus d'un placebo que d'une vraie solution, l'importance (et donc le temps) qu'il faudrait y accorder doit être relativisée (même si en pratique, cela est loin d'être simple).

Personnellement je participe aux scrutins (mais vous ne saurez pas comment), estimant qu'il est important de connaître et donc de participer dans un système pour pouvoir en voir et en comprendre les failles afin de voir dans quelle mesure les propositions alternatives répondent à ces failles.

L'occasion pour moi de ressortir un viel article au sujet du système politique démocratique le plus répandu aujourd'hui...qui fera l'objet d'un prochain billet...

lundi 16 avril 2007

Détournement du droit en Egypte (3/3)

Dans les deux précédents billets, publiés il y a de cela déjà un peu de temps (désolé, le temps à manqué pour la traduction), le lecteur attentif a pu voir que même si la solution retenue en première instance était meilleure, elle était loin de garantir une véritable liberté religieuse en Egypte, que la Cour a accepté partiellement l'appel pour des motifs plus que fallacieux, mais qu'elle n'a guère eut d'autre choix que de rejeter les arguments procéduraux avancés par l'administration.

A cela il convient d'ajouter que politiquement, annuler le jugement de première instance pour de simples motifs procéduraux aurait eut pour conséquence de ne pas trancher le litige au fond, supprimant donc tout contrôle sur ce que les juges de première instance en renvoi ou dans un autre contentieux auraient pu juger.

Pour le lecteur un peu perdu, rapide rappel. Il s'agit d'une analyse, personnelle, qui vaut ce qu'elle vaut, et n'engage que l'auteur de ces lignes, de la décision du Conseil d'Etat égyptien rendant les baha'is littéralement sans papiers. Pour plus d'informations : http://www.bahai.fr/egypte

La Cour se hasarde donc à une argumentation juridique ignorant plus ou moins tous les arguments invoqués par les requérants.

Les extraits de la décision sont toujours en anglais.

Arguments matériels

L'argumentation suivie par la Cour est la suivante...juristes (et non juristes) assurez-vous que vous êtes bien assis, de tels non-sens juridiques sont incroyables…

L'ordre des arguments a été réorganisé à des fins de clarté de l'exposé. La décision suit une chronologie historique (ce qui rend l'argumentation encore moins convaincante). Les éléments factuels sont issus de la décision (sauf mention contraire)...
  • aujourd'hui, la liberté religieuse est protégée par l'article 46 de l'actuelle Constitution (depuis 1971 selon Google) qui dispose : “the state guarantees the freedom of belief and the freedom of practice of religious rites”. Très bien, voilà qui est très large, MAIS...
  • l'article 34 de la Constitution de 1964 contient exactement la même disposition. Très bien, donc? ... Patience, patience...
  • l'article 43 de la Constitution de 1958 contient exactement la même disposition. Cool…donc ? Patience…CAR,
  • l'article 43 de la Constitution de 1956 est un peu différent : “The freedom of belief is absolute and the state protects the freedom of the practicing of religious and belief rites in accordance with the customs observed on condition that they do not violate the public order and morals.” Vous commencez à comprendre...mais ce n'est pas encore fini…
  • cette disposition là se trouvait initialement dans les articles 12 et 13 de la Constitution de 1923. Des travaux préparatoires et de la rédaction de cette disposition à cette époque lointaine il ressort que la protection de la liberté religieuse ne devant être accordée qu'aux trois religions considérées comme étant "divinement révélées" (l'Islam, le Christianisme et le Judaïsme).
Quelle belle histoire...d'après l'évolution (de bas en haut ci-dessus), il semble que la protection de la liberté religieuse a augmenté avec le temps, et la Cour le reconnaît même.
« It is clear from the above that all Egyptian constitutions guaranteed the freedom of belief and the freedom of religious rites, as they constitute fundamental principles of all civilized countries. Every human being has the right to believe in the religion or belief that satisfies his conscience and pleases his soul. No authority has power over what he believes deep in his soul and conscience. »
Voilà une prise de position très moderne que l'on aurait pu lire dans une décision française, américaine ou autre...

Mais le plus beau est encore à venir...frottez vous les yeux, pincez-vous, vous ne rêvez pas (il s'agit d'ailleurs plutôt d'un cauchemar légal) :
« As to the freedom of practicing religious rites, this has the limitations that were explicitly mentioned in previous constitutions and were omitted in the present constitution, i.e. the condition of respecting the public order and morals. »

« This omission does not mean the purposeful forfeiting of this stipulation and the permitting of the practice of religious rites even if they violate the public order and morals. The legislature considered that this stipulation is self-evident and a fundamental constitutional provision that must be observed without express mention. »
La Cour nous dit donc en substance que tout le monde a droit à la liberté de croyance. Mais en 1923, il ressort des discussions lors de la rédaction de la Constitution que seule la croyance dans les seules trois principales religions devait être protégée. En 1956, ces discussions n'ont pas eu lieu en 1956, seule la condition de respect de l'ordre et de la morale publique fut maintenue.

En 1958, cette condition a même été abandonnée et N'A PAS été reprise de nouveau ce qui a été confirmé en 1964 et 1971.

MAIS, il s'agit d'une simple omission (trois fois de suite pendant 13 ans…ils ont dû dormir tout ce temps…) car cela est "évident" et une disposition constitutionnelle fondamentale…

Un étudiant en droit menant ce type de raisonnement juridique décrocherai probablement la plus mauvaise note de sa vie! Interpréter une disposition de 1971 à la lumière des travaux préparatoires de 1923 autour d'une disposition rédigée autrement et qui a été remplacée quatre fois dont trois sans aucune limitation, c'est du pur délire!

Une fois ce tour de force réalisé, la Cour a dû établir que la foi baha'ie du simple faire de son existance ne respectait pas l'ordre et la morale publics. Un vrai festival :
  • the Baha’i belief – as unanimously concluded by the Muslim “imams” as well as the rulings of the Supreme Constitutional Court and the Supreme Administrative Court – is not among the recognized religions, whoever follows it from among the Muslims is considered apostate “Murtad"
Intéressant !
  • principles and tenets confirm this declaration by their variance with the principles of the Islamic religion as well as their contradiction to all the heavenly religions.
Nécessairement, c'est une nouvelle religion !
  • They absolutely and totally forbid the Jihad that is provided for in the Islamic shari’ah, because they want people and nations to submit to their executioners without any resistance, in return for poetic and sweetened words calling for the establishment of a world government, which is the main purpose of the Baha’i movement. This is one of the secrets of their ties with the colonialists old and new, who embrace and protect them.
Le « and new » s'addresse probablement aux USA…le “old” très probablement Israël ;-)

Pour mémoire, lorsque Baha’u’llah arriva à Haifa, il s'agissait de la Palestine il est atterri là-bas après un exil forcé par des…Musulmans!

Je n'ai pas dû lire les mêmes écrits baha'is que les juges égyptiens...
  • Furthermore, they made up a “shari’ah” for themselves in accordance with their beliefs which forfeits the provisions of fasting…
[Je n'ai sélectionné qu'une sorte de best-of]
« For this reason, the legislator promulgated Law no. 263 of 1960 concerning the dissolution of all existing Baha’i Assemblies and centers in the country and forbade at the same time individuals, establishments or bodies to perform any of the activities that these Assemblies and centers used to perform. »

« This is the law that was brought before the Supreme Court under no. 7 of 2 J. C. on allegations of being unconstitutional, which case it was decided on 1st of March 1975 was unfounded and to be dismissed. This ruling is binding upon all the authorities of the state. »
Au moins un aspect qui soit juridiquement difficile à contrer. La Cour suprême a tranché en ce sens...
In addition, that court also ruled that the said law does not violate the Universal Declaration of Human Rights adopted by the General Assembly of the United Nations on 10/12/1948 and which Egypt signed, because this declaration, despite its guarantee in Article 18 to give everyone the right to freedom of thought, expression and religion, [provides that] “this latter right should be understood within the limits of what is recognized i.e. what is meant by religion is one of the three religions: Islam, Christianity and Judaism”.
Pour mémoire, l'article 18 mentionné est le suivant
« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites. »
Je ne vois pas de limitation à ce droit…
Un apparté purement juridique. Il est intéressant de noter que la Déclaration Universelle est invocable en droit égyptien. Les juges français considèrent qu'elle n'est pas auto-exécutoire. Ils se réfèrent principalement aux garanties constitutionnelles et à la Convention européenne des droits de l'Homme.
Pour revenir à nos moutons, je serais ravi d'avoir une discussion avec des juges égyptiens afin qu'ils m'expliquent comment ils justifieraient face à des Hindous, des Bouddhistes, des Zoroastriens (qui sont protégés même en Iran!)...qu'ils ne sont pas protégés par l'Article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Une déclaration s'appliquant à géométrie variable selon les pays? Sérieusement...!

S'agissant des baha'is, l'on pourrait se demander pourquoi une religion qui ne serait pas protégée par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme serait régulièrement mentionnée par l'Assemblée générale et le Conseil des Droits de l'Homme des Nations-Unies notamment à cause de la situation en Iran (et probablement bientôt du fait de la situation en Egypte).

De tout ce qui précède, la Cour conclut que la foi baha'ie, du simple fait de son existence, viole l'ordre et la morale publics.

Considérant que les dispositions réglementant les informations devant être mentionnées sur des papiers officiels sont considérés comme faisant partie de l'ordre public, et que “no data that conflict or disagree with it should be recorded in a country whose foundation and origin are based on Islamic shari’ah."

Par conséquent, la plainte des baha'is demandant que leur religion soit mentionnée sur leurs papiers est infondée.

Il est intéressant de noter à quel point cette décision est biaisée. Selon le respect du contradictoire, le Gouvernement aurait dû apporter des preuves de ce que un comportement donné menace l'ordre public. Rien dans la décision n'est dit à propos des preuves qu'aurait pu apporter le Gouvernement, rien sauf l'invocation incantatoire de contractions (évidentes) avec l'Islam.

S'agissant de l'argumentation juridique, mis à part l'obéissance à une décision de la Cour suprême, l'argumentation est une succession de contre-sens juridiques dont la motivation peine à cacher les motifs profonds (contradictions à l'Islam, soutien allégué de puissances "colonialistes").

Aucune explication permettant de comprendre en quoi quelques milliers de baha'is (dans un pays de 79 millions d'habitants) pourrait trouver l'ordre et la morale publique sans même être organisés (après que l'administration ait été dissoute par Nasser), et ignorant le fait que l'un des premiers principes des baha'is est justement l'obéissance au Gouvernement (qui les a conduit à dissoudre effectivement toute administration)...

Un superbe exemple de ce qu'il est possible de dire plus ou moins n'importe quoi avec l'apparence de la légalité...un vibrant appel à chacun de veiller en permanence à ne pas se laisser influencer par des biais similaires.

Ceci illustre à merveille l'importance de la position baha'ie de ne pas mélanger les pouvoirs politiques et religieux et de maintenir une administration étatique distincte de l'administration religieuse.

Le Nouvel Ordre Mondial pour lequel les baha'is travaillent comporte des garde-fous contre ce genre de non-sens.

mardi 27 mars 2007

Détournement du droit en Egypte (2/3)

Avant de continuer l'analyse de la décision égyptienne (qui se trouve ici - en anglais) un bref rappel du billet précédent qui rappelait l'historique de l'affaire, et comportait un bref commentaire sur la décision de première instance, notant que bien que mieux que rien, cette décision n'était pas encore un signe d'une réelle liberté religieuse. Mais intéressons nous maintenant à la décision elle-même.

Arguments invoqués en appel

Les premiers arguments invoqués par l'administration furent procéduraux, prétendant que la Cour de première instance aurait dû à nouveau recueillir l'avis du Commissaire du Gouvernement après que les parties aient modifiées leur demande.

Le fait de commencer par invoquer des arguments procéduraux, outre le fondement logique, a aussi un fondement juridique montrant une fois de plus les similarités entre les systèmes égyptiens et français en la matière.

Dans le cadre d'une procédure administrative ayant pour objet l'annulation d'un acte administratif, il est nécessaire d'invoquer à la fois des arguments de (d'il-) légalité interne et externe pour pouvoir par la suite de la procédure compléter chaque catégorie d'argument. Si un plaignant omet d'invoquer un argument de chaque catégorie dès le début de la procédure, il ne pourra plus invoquer de tels arguments par la suite.

Typiquement, la première catégorie comporte des arguments procéduraux, et la seconde des arguments "de fond", invoquant la violation d'une règle supérieure par exemple.

Par conséquent, en pratique, tout requérant bien conseillé invoquera au moins un argument de chaque catégorie, même si l'argument ne tient pas, juste pour pouvoir par la suite en invoquer d'autres si par hasard il en découvrait au cours de la procédure.

Le Commissaire du Gouvernement intervient dans la procédure, mais n'est pas partie (ni requérant, ni défendeur). Il s'agit (en France à tout le moins) d'un juge indépendant dont la fonction est de proposer au Conseil d'Etat des solutions en droit pour résoudre le litige présenté. Il ne représente pas l'Etat (malgré son titre), lequel est l'autre partie, en principe le défendeur, dans ce genre de litiges.

Dans la décision, l'argument invoqué était que le Commissaire du Gouvernement n'avait pas pu réagir au changement de stratégie de la part des requérents en première instance (les baha'is).

D'autres arguments de fond avancés reposaient sur le fait que le jugement se serait fondé sur une loi relative au statut civil abrogée, la nouvelle loi prenant en compte l'amendement de l'article 2 de la Constitution donnant aux principes de la Shari'a musulmane le rang de source primaire de droit.

Un dernier argument était ainsi formulé :
« the judgment under consideration ignored the unanimous view of the scholars (fuqaha) and the formal opinions (fatwa) issued by competent authorities concluding that the meaning of the freedom of belief is that the individual has the freedom to embrace his like of the fundamentals of any belief, under the condition that his embracing of such a belief does not imply interference with the public order of the state or its stability; [and thus also ignored that] Baha’ism is excluded from divine religions and that its practice infringes on the established order of the state, and therefore it should not be inscribed for children because this is against the public order. »
De manière assez surprenant, le Conseil d'Etat ne répond pas à tout ces arguments mais suis sa propre argumentation juridique qui est sensiblement différente.

La décision du Conseil d'Etat

Arguments procéduraux

S'agissant de l'intérêt à agir des premiers requérants (privés) en appel, le Conseil estime que l'intérêt à agir se dérive de ce que : « such an act implies recognition of the Baha’i religion contrary to the established opinions of scholars and to those opinions included in fatwas emanating from competent authorities, as well as to the provisions of the Constitution. »

Légalement parlant il est pour le moins surprenant que la contradiction à la Constitution (qui est évidemment un motif légitime justifiant un appel) soit prise en compte de manière subsidiaire à l'opinion d'érudits et à des fatwas selon lesquelles la foi baha'ie ne serait pas une religion.

En tout état de cause, la Shari'a tenant sa légitimité juridique de l'article 2 de la Constitution amendée (voir ci-dessous) et non l'inverse, un tel argumentaire est un premier indice du caractère biaisé du raisonnement du Conseil.

Le Conseil d'Etat continue : « It is probable also that such an act may also have effect on him, [and] his family members, as a result of proselytizing activities that harmfully target the Muslim religion. »

Sans commentaires. Pour une religion qui interdit toute forme de prosélytisme et qui de toute manière est interdite d'avoir toute organisation en Egypte, il semble que les quelques milliers de baha'is (dans un pays de 79 millions d'habitants) font peur. Pourquoi?

Malgré cela, le Conseil n'a pas eu d'autre choix que de refuser les arguments procéduraux invoqués par l'administration (ou alors le biais aurait été beaucoup trop évident).

L'administration essaya d'argumenter qu'aucune décision négative implicite n'avait été prise, et que les requérants (les baha'is) auraient dû porter leur plainte devant un comité en charge du statut civil. Le Conseil répond, estimant que le refus ou l'omission de prendre une décision est bel et bien une décision négative et que le comité en question n'avait pas de compétence à ces sujets, rejettant les moyens avancés. Une autre solution aurait été quasiment injustifiable!

Le Conseil estima aussi que le tribunal en première instance n'avait aucune obligation d'entendre à nouveau le Commissaire du Gouvernement après que les parties aient changé leur stratégie (voir le premier billet). Encore un parallèle avec le système français, voilà qui est assez normal dans la mesure où le Commissaire n'est pas partie à la procédure, il ne subit aucun préjudice dès lors que le représentant de l'Etat a eu l'occasion de réagir.

Ainsi, l'apparence de l'indépendance subsiste, place au jugement au fond...analysé dans un dernier billet à venir...

mardi 20 mars 2007

Joyeux Naw-Ruz!

Et une bonne nouvelle année!

Sur la signification de cette fête issue de la culture iranienne, voir un article très complet ici.

Pour le reste : il est temps d'aller marquer le coup!

Le soleil est en passe de se coucher sur le dernier jour de jeûne...

dimanche 18 mars 2007

Détournement du droit en Egypte (1/3)

Ce billet et les deux suivants traiteront de la décision du Conseil d'Etat Egyptien privant les baha'is d'Egypte de leur droit fondamental de citoyens (avoir des cartes d'identité et des certificats de naissances valables) du fait de l'obligation d'indiquer une religion (soit l'Islam, le Christianisme ou le Judaïsme) sans possibilité d'indiquer la foi baha'ie. Pour plus d'informations à ce sujet.

Une analyse précise de cette décision est intéressante particulièrement pour un juriste français du fait des similitudes que semble avoir le droit et la procédure administratifs égyptiens à commencer par le nom de la Cour administrative suprême : Le Conseil d'Etat.

Le texte intégral de la décision peut être trouvé ici en anglais.

La décision étant assez longue et détaillée (10 pages), l'analyse fera l'objet de trois billets différents, ce qui occupera un peu le blog...sachant que le dernier billet est le plus intéressant car traitant du fond de l'argumentation ;-)

Brièvement, la décision est un appel d'une décision de première instance obligeant l'Etat égyptien à émettre des cartes d'identité et des certificats de naissance (récemment informatisés) mentionnant la foi baha'ie comme religion. Le Conseil d'Etat annula la décision.

Deux appels furent lancés contre la décision, le premier visiblement privé, et le second gouvernemental.

La structure et le style de rédaction de la décision semble aussi directement inspirés des décisions du Conseil d'Etat français. La décision commence par une synthèse de la procédure jusqu'ici, rappelant les faits à l'origine du litige et la décision examinée.

Arguments avancés par les baha’is

Du résumé il ressort que les plaignants ont changé de stratégie en cours de procédure.

Ils commencèrent par argumenter que le fait pour l'administration de refuser de leur rendre leurs passeports et cartes d'identités confisqués à l'occasion d'une demande d'ajout de noms de leur fille violait la Constitution et la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Par la suite, la demande fut donc apparemment modifiée en une demande d'annulation de la décision négative de refus d'émettre des cartes d'identité mentionnant leur religion ainsi que le refus d'émettre des certificats de naissance pour leurs filles.

Cette décision négative semble aussi inspirée du système français reconnaissant une décision implicite négative en cas d'absence de réponse de l'administration dans les deux mois. Si l'administration ne prend pas la décision ou n'agit pas selon ce qui a été demandé, le justiciable est en droit de demander aux tribunaux de confirmer si oui ou non l'administration avait l'obligation ou pas de prendre une telle décision ou d'agir.

Dans ce cas, l'action demandée était donc l'émission de cartes d'identité et de certificats de naissance mentionnant la religion baha'ie. L'absence d'action violerait la Constitution et la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Il est intéressant de noter, grâce aux nouveaux développements, que de nouveaux arguments pourraient être tiré d'une demande de remplacer la mention de la religion par cinq dièses.

La décision attaquée

La juridiction de première instance annula la décision négative implicite en estimant que (les citations seront toutes en anglais par convenance) :
“existing authoritative reference books on Islamic jurisprudence indicate that Muslim lands have housed non-Muslims with their different beliefs; that they have lived in them like the others, without any of them being forced to change what they believe in; but that the open practice of religious rites was confined to only those recognized under Islamic rule. In the customs of the Muslims of Egypt this is limited to the peoples of the Book, that is Jews and Christians only.

The provisions of the shari’a [Islamic jurisprudence] require a disclosure that would allow to distinguish between the Muslim and non-Muslim in the exercise of social life, so as to establish the range of the rights and obligations reserved to Muslims that others cannot avail [themselves] of, for these [rights and obligations] are inconsistent with their beliefs.

Thus, the obligation prescribed by the Law of Civil Status no. 143 of 1994 concerning the issuance of an identity card to every Egyptian on which appears his name and religion and the same on birth certificates is a requirement of the Islamic shari’a.

It is not inconsistent with Islamic tenets to mention the religion on a person’s card even though it may be a religion whose rites are not recognized for open practice, such as Bahá’ism and the like.

On the contrary, these [religions] must be indicated so that the status of its bearer is known and so he cannot enjoy a legal status to which his belief does not entitle him in a Muslim society. It is not for the Civil Registry to refrain from issuing identity cards or birth certificates to the followers of Bahá’ísm, nor it is up to such Registry to leave out the mention of this religion on their identity cards.”
Voilà qui est intéressant. Si le résultat factuel (si cette décision avait été confirmée) aurait été positif (les baha'is obtenant leurs papiers...) le résultat n'aurait pas pour autant été un résultat très positif au regard des motivations.

La juridiction de première instance estime que : La religion doit être indiquée afin d'identifier à quelle communauté appartient un citoyen afin qu'il ne puisse pas bénéficié d'un statut légal que sa croyance lui interdit dans une société musulmane.

Le chemin jusqu'à une vraie liberté religieuse est encore loin. Dans un autre pays connu des défenseurs des droits de l'Homme (ou de personnes s'intéressant aux problématiques nucléaires), les baha'is sont actuellement fichés, et ce n'est probablement pas dans le noble but de leur accorder enfin les droits de citoyenneté de base dont ils sont privés depuis trop longtemps.

Pour replacer les choses dans leur contexte. Les baha'is ne demandent pas une reconnaissance officielle de leur foi, ils ne demandent ni plus, ni moins que d'être traités comme des citoyens normaux, d'avoir des papiers en règles, condition pour ne pas être licencié, et accéder aux services publics de base dans un pays en état d'urgence...

La simple absence de la mention d'une religion suffirait. Mais il paraîtrait que le système informatique ne l'autorise pas...

En tout état de cause, la décision de première instance a été annulée...

(à suivre…)

vendredi 2 mars 2007

L'unité dans la diversité

"Qu'il n'y ait aucun doute quant au but qui anime la loi universelle de Baha'u'llah...

Elle n'ignore pas, ni ne veut supprimer, la diversité due aux origines ethniques, au climat, à l'histoire, aux langues et aux traditions, aux manières de penser et aux coutumes qui différencient les nations et les peuples du monde.

Elle en appelle à une loyauté plus large, à une aspiration plus vaste que celles qui ont jamais animé la race humaine.

Elle insiste sur la nécessité de subordonner les impulsions et les intérêts nationaux aux revendications impérieuses d'un monde unifié.

Elle refuse une centralisation excessive, d'une part, et rejette toute tentative d'uniformité, de l'autre.

Son mot d'ordre est l'unité dans la diversité..."

(Extrait d'une lettre de Shoghi Effendi, tiré d'une Compilation de textes)


Cet extrait qui ouvrait la lettre de l'Assemblée nationale de France aux fêtes de 19 jours qui ont eut lieu hier et la lettre qui a suivi étaient tout simplement...magnifiques!

La fête de 19 jours à laquelle j'ai assisté hier était une superbe illustration de cette unité dans la diversité, et nos discussions nous ont montré à quel point les idéaux qui nous sont communs apportent des solutions adaptées aux problèmes de sociétés aussi diverses que la société malaisienne, japonaise, irlandaise, française...

Merci à vous tous hier au soir...et merci pour cette lettre!

Un beau cadeau pour cette fin d'Ayyam-i-Ha (jours intercalaires) et ce début de jeûne.

mardi 20 février 2007

Citoyen apolitique entre les clivages

Il y a quelques temps de cela, Koz de Toujours tu m'intéresses, s'interrogeait sur l'impact des croyances religieuses sur les opinions politiques.

Le sujet m'a intéressé, et assez logiquement, je me suis posé la question de savoir quel impact cela peut avoir pour un baha'i.

D'entrée de jeu, il faut souligner que les baha'is parlent toujours de l'interdiction qu'ils ont de s'engager en politique.

Baha'u'llah exprime cela en des termes allégoriques.
"Que nul ne lutte contre ceux qui détiennent l’autorité sur le peuple.
Laissez-leur ce qui leur appartient, et dirigez votre attention vers le
coeur des hommes
."
Cela est précisé par une citation de Shoghi Effendi (le Gardien de la foi baha'ie) qui dit :
"Il est de leur devoir, d’une part, de manifester le caractère apolitique de
leur foi et, d’autre part, d’affirmer leur loyauté et leur obéissance sans
réserve envers tout ce qui représente le jugement réfléchi de leur gouvernement
respectif
."

A mon sens, il faut comprendre l'affirmation de non implication en politique comme l'interdiction de s'engager en politique politicienne, car le message baha'i de transformation de l'humanité et toutes ses implications sont éminements politiques.

Non seulement la foi baha'ie est apolitique, mais la loyauté au Gouvernement, qui impacte nécessairement l'expression de l'opinion politique en imposant une sorte de devoir de réserve, est un sujet à elle toute seule.

"[...] Quel que soit le pays où ils résident et aussi développées que soient
leurs institutions, ou aussi profond que soit leur désir de faire respecter les
lois et d’appliquer les principes énoncés par Bahá’u’lláh, ils subordonneront
sans hésitation l’action de telles lois et l’application de tels principes aux
exigences et aux décrets légaux de leurs gouvernements respectifs
. [...]"
Les baha’is obéissent aux lois tant que la soumission à ces dernières n’implique pas de renier leur foi. A ce sujet, la situation des baha'is d'Egypte (en anglais), toujours privés de papiers d'identité du fait de leur conviction religieuse, est topique, et abordée sous un autre angle encore ici (en anglais aussi).

Les baha'is obéissent, mais n'hésitent pas si nécessaire à faire valoir leurs droits par toutes les voies légales (comme l'illustre cette histoire, ou encore la démarche des baha'is allemands - en allemand).

Mais alors pour en revenir à la politique, dans ce contexte, qu'est-il possible de dire? de faire? Les baha'is peuvent faire valoir leurs droits par les voies légales, mais n'ont-ils pas le droit de participer au débat public? Doivent-ils s'en désintéresser pour se concentrer "sur les coeurs des hommes" selon l'injonction de Baha'u'llah?

Eh bien non, bien au contraire...Shoghi Effendi écrit aussi :
"Il devrait être parfaitement clair qu’une telle attitude ne suppose pas la
moindre indifférence à l’égard de la cause et des intérêts de leur propre pays,
ni quelque insubordination de leur part à l’autorité de gouvernements reconnus
et établis."

Encore mieux...

"Elle ne constitue pas non plus une répudiation de leur obligation sacrée de promouvoir, de la manière la plus efficace, les meilleurs intérêts de leur gouvernement et de leur peuple."
Et même encore plus fort :
"Elle dénote le désir, que chérit chaque disciple véritable et loyal de Bahá’u’lláh, de servir, de façon désintéressée, discrète et patriotique, les plus hauts intérêts du pays auquel il appartient, et d’une manière qui n’entraînerait aucune déviation des normes élevées d’intégrité et de véracité associées aux enseignements de sa foi."
Ce dont il est question est un sain patriotisme.

Les baha'is ont des opinions politiques, qui sont différentes selon la sensibilité de chacun. Ils ont l'obligation sacrée de promouvoir les meilleurs intérêts de leur peuple, mais ne peuvent pas faire de politique politicienne.

Ils doivent se garder de points de vue indiquant un manque de loyauté au Gouvernement, mais cela n'exclut pas de pouvoir émettre des critiques constructives, à condition qu'elles ne puissent jamais être perçues comme un "point de vue baha'i" qui en matière de politique humaine n'existe assurément pas.

Il s'agit en somme d'un devoir de réserve et de modération dans l'expression qui permet de participer à enrichir le débat public, sans entrer dans des considérations de politique politicienne ou de personnes, en faisant prendre un peu de hauteur au débat, hauteur dont il manque souvent.

vendredi 2 février 2007

De la déformation professionnelle...

Une citation qui a attiré mon attention de juriste...
"A propos de ce royaume, il existe maintes relations et bien des versets de portée générale ou particulière." (4 vallées, verset 14.33)
Des versets de portée générale ou particulière...cela me fait automatiquement penser à : lex specialis derogant lex generali (la règle spéciale déroge à la règle générale).

Est-il envisageable d'appliquer ce principe à des écrits sacrés?

D'abord, de quel royaume s'agit-il? A priori, le texte nous donne les réponses un peu avant.
"Ainsi montrâmes-Nous à Abraham le royaume céleste et terrestre afin qu'il soit
confirmé dans la connaissance."
(4 vallées, verset 14.27)

Donc Abraham a vu le royaume céleste et terrestre pour se voir confirmé dans la connaissance. Nous voilà bien avancés.

Peut-être cela peut-il être lu en combination avec ces extraits des Ecrits de Baha'u'llah :

"Il y a deux façons de considérer les manifestations de Dieu. La première
consiste à envisager leur condition abstraite, pure, la condition de l'unité
incomparable. A cet égard, si tu les désignes tous du même nom et que tu leur
assignes les mêmes attributs, tu ne t'écartes pas de la vérité."
(EEB, Verset 22.3)

"L'autre aspect du prophète est celui de sa condition particulière. Il appartient au monde de la création et de ce fait, est soumis à des limites. A cet égard, chaque manifestation de Dieu a une individualité distincte, une mission définie avec précision, une révélation spécialement prédestinée et des limites qui lui sont propres." (EEB, Verset 22.11)

La généralité relèverait donc du monde divin, et la particularité du monde contingent?

Comment cela s'articule t'il avec le début de ce texte des 4 vallées?

"Voici le coeur de ce mystère: "Il fait ce qu'Il veut, Il ordonne ce qui Lui plaît."" (4 vallées, verset 14.2)

Malheureusement pour nous...

"Tous les citoyens du ciel et de la terre se mettraient-ils à vouloir démêler cette
lumineuse allusion ou cette ténébreuse énigme, et persévéreraient-ils jusqu'au
jour où résonnera la trompette, qu'ils échoueraient néanmoins à en comprendre
une seule lettre; car il s'agit là du stade de l'immuable décret de Dieu et de
son mystère préordonné."
(4 vallées, verset 14.3)

"Car nous sommes au royaume du Commandement absolu, là où n'ont cours aucun des attributs terrestres." (4 vallées, verset 14.19)

Bref, vous aurez constaté dans la numérotation que les versets ne sont pas toujours dans l'ordre. C'est une tentative de lecture...d'autres sont certainement possibles.

Mais pour en revenir au point de départ...des versets à portée générale ou particulière...se rapportant tout à tour à des aspects divins ou contingents, généraux ou particuliers...

Cela permettrait peut-être d'expliquer ce qui apparaît parfois à la première lecture comme étant contradictoire.

Comme nous le rappelle cruellement la dernière citation, nous pouvons essayer, mais de toute manière nous ne trouverons pas la réponse, en tout cas s'agissant du royaume céleste et terrestre.

Néanmoins, ne pas chercher, malgré cela, serait pour moi une abdication de l'esprit critique, une négation même de la recherche personnelle et indépendante de la vérité...

mardi 30 janvier 2007

De Nouvelles Elections Démocratiques

Partout en France se sont tenues ce week-end des élections.
"Ah bon?" me direz-vous, "je n'en ai pas entendu parler..."
Dans les médias c'est certain, mais ici par exemple, vous auriez pu en entendre parler.

Il s'agissait de l'élection des "délégués", 57 personnes, baha'ies, élues dans des circonscriptions électorales, qui vont, fin avril, élire la prochaine Assemblée spirituelle nationale des baha'is de France.

Chaque délégué est élu par environ 35 électeurs (ce qui doit plus ou moins être le prorata pour la délimitation des circonscriptions électorales, sachant que certaines, comptant donc autour de 70 électeurs, élisent deux délégués.

Ce fut le cas de ma circonscription que l'on pourrait qualifier de Paris-Sud, circonscription dans laquelle j'ai eu l'honneur d'être élu.

Ce n'est pas tant l'élection qui est notable, mais la manière dont elle se passe. Comme dis, la circonscription comptait environ 70 personnes et le nombre de voix que j'ai recueilli est ridiculement petit comparé au nombre d'électeurs sur les listes, et même comparé au nombre d'électeurs ayant voté, dans les deux cas, loin, très loin, d'une quelconque majorité.

C'est là une spécificité des élections baha'ies, et cela vaut pour toutes les élections, locales comme celle là, mais aussi pour les élections nationales et internationales.

Sans candidats, sans aucune campagne, sont élus, ceux que la prière et la méditation ont appelé le plus grand nombre d'électeurs à soutenir.

Mais alors, comment un tel système peut-il être démocratique? Comment est-il possible de connaître tout le monde?

L'ensemble du message baha'i, et les activités actuelles de la communauté baha'ie, sont tournées vers la reconstitution du tissu social de proximité, et donc vers le fait de connaître ses voisins, ses proches.

Par ailleurs, le système baha'i n'est pas à proprement parler démocratique. Il s'agit, selon les écrits de Shoghi Effendi, le Gardien de la foi baha'ie, d'un système s'inspirant à la fois de la démocratie, de l'autocratie, de la royauté et de la théocratie, en en rejetant les côtés nocifs, et sans en faire une simple synthèse.

Tout ces systèmes ont montré leurs limites dans l'histoire, le système proposé est différent.

Ce qui est démocratique dans les élections est le caractère libre, secret, mais ce tableau serait incomplet en ignorant l'aspect spirituel de l'élection, le fait que le choix des personnes pour lesquelles l'on vote doit se faire dans un état de prière et de méditation.

Par certains aspects le système proposé est théocratique, du fait du rôle de la religion. Mais les écrits baha'is sont formels, et promeuvent un système de gouvernement séculaire même si la religion doit jouer un rôle dans la société (ce sujet fera l'objet de billets ultérieurs...).

Certains aspects ressemblent à de l'autocratie, ou à de la royauté héréditaire si l'on en juge par le rôle de la descendance de Baha'u'llah dans l'histoire de la foi baha'ie jusqu'à Shoghi Effendi, et par le rang accordé aux Souverains dans les écrits baha'is. Et pourtant, il ne s'agit certainement pas d'une monarchie.

Mais pour en revenir aux élections.

Toujours selon Shoghi Effendi les électeurs doivent prendre en compte notamment "leur capacité réelle et à leurs réalisations actuelles et seuls ceux qui sont les plus qualifiés, qu'ils soient hommes ou femmes, et sans qu'il soit tenu compte de leur situation sociale, devraient être élus". Ils doivent "élire des âmes fidèles, sincères, expérimentées, capables et compétentes".

Voilà qui est effrayant, car je doute que je remplisse ne serait ce que le début du commencement d'un seul de ces critères, en tout cas au regard du haut standard posé.

Mais les baha'is ne sont pas des gens qui atteignent le haut niveau d'exigence posé. Ils ne font que s'efforcer de l'atteindre en permanence, sachant que cela n'est de toute manière pas possible dans ce monde.

C'est donc consciencieusement, que je vais m'efforcer de remplir au mieux ce rôle important et participer à l'élection de la prochaine Assemblée spirituelle nationale qui, à son tour, au printemps prochain, se rendra à Haifa (Israel), pour élire la prochaine Maison universelle de justice (Organe international des baha'is, qui pour sa part est élue tous les cinq ans).

lundi 29 janvier 2007

Quelques réflexions autour de la peine de mort

Certains se sont réjouis, d'autres ont "pris note", d'autres encore ont regretté l'exécution de Saddam Hussein.

Maintenant que la polémique commence à retomber, lentement des éléments d'information intéressants remontent sur la réalité des tractations politiques, les questionnements américains.

Mais que reste-t'il de tout cela?

Probablement un certain malaise. Les adversaires de la peine de mort se disent que si quelqu'un la méritait, c'était bien lui, mais néanmoins par principe ils condamnent l'exécution. En tout état de cause, il se trouve des partisans et des opposants pour regretter que l'exécution ait pris cette forme déplorable, et surtout que Saddam Hussein ne puisse pas répondre de tous les autres actes qui lui sont encore imputés.

Voilà qui contribue à aggraver le discrédit porté sur la justice à laquelle il a eu droit. Chacun être humain, quoi qu'il ait fait, a droit à une justice digne de ce nom.

Cela étant dit, s'agissant maintenant de la peine de mort dans l'absolu. Suis-je pour? Contre? Pour dans des circonstances aussi particulières? Contre par principe?

Aujourd'hui je suis contre!

Mais alors, me dirons certainement quelques esprits chagrins, assurément bien intentionnés, comment peux-tu être baha'i et contre la peine de mort lorsque dans le Kitab-i-Aqdas, le Livre le Plus Saint, ouvrage fondamental pour les baha'is, il est écrit au verset 62 (trouvable ici) :
"Si quelqu'un détruit intentionnellement une maison par le feu, vous le brûlerez aussi; si quelqu'un ôte délibérément la vie à un autre, vous le mettrez à mort lui aussi. Attachez-vous de toute votre force et de tout votre pouvoir aux préceptes de Dieu, et abandonnez les voies de l'ignorant. Si vous condamnez l'incendiaire et le meurtrier à un emprisonnement à vie, ce sera permis suivant les clauses du Livre. Il a, en vérité, le pouvoir d'ordonner ce qui Lui plaît."

Certes, leur répondrai-je : vous avez raison, cela est bel et bien écrit. Permettez-moi néanmoins de m'en expliquer.

Tout d'abord, cette règle est destinée à s'appliquer à une époque dans laquelle la société humaine aura, de son propre choix, démocratiquement, décidé de se soumettre à une telle règle. Dans un tel contexte, la justice ne sera plus ce qu'elle est. De même, l'acceptation (toujours volontaire) par une société par définition croyante d'un tel message dans lequel un rôle très important est accordé à la crainte de Dieu change radicalement ce même contexte.

A cela s'ajoute, toujours à placer dans son contexte (sur l'importance duquel j'ai déjà écris en d'autres lieux), que les écrits baha'is (et notamment la note 87 annexée au Kitab-i-Aqdas - toujours trouvable ici) dis en substance que si un innocent venait à être tué, il serait assurément récompensé dans l'autre monde. Il va s'en dire qu'un tel argument n'est pas très porteur de nos jours.

Enfin, et il est important de le noter, le verset lui-même fait référence à la possibilité de commuer une peine capitale en prison à vie. La note 87 annexée au Kitab-i-Aqdas - toujours trouvable ici apporte encore quelques précisions :

"Shoghi Effendi, en réponse à une question posée sur ce verset de l'Aqdas, affirma que bien que la peine capitale soit autorisée, une alternative "l'emprisonnement à vie" a été prévue, "par laquelle les rigueurs d'une telle condamnation peuvent être sérieusement atténuées". Il déclare que "Bahá'u'lláh nous a donné un choix et, de ce fait, nous a laissés libres d'utiliser notre propre sagesse dans certaines limites imposées par sa loi". En l'absence de guidance spécifique quant à l'application de cet aspect de la loi bahá'íe, il appartient à la Maison Universelle de Justice de légiférer sur le sujet dans l'avenir."
Chacun est libre d'avoir sa lecture et sa compréhension de cela. Personnellement j'aime assez à lire ces textes en combinaison avec le verset 73 du Kitab-i-Aqdas :

"Que nul ne se dispute avec un autre et qu'aucune âme n'en mette une autre à mort; voilà en vérité ce qui vous fut interdit dans un Livre caché dans le tabernacle de gloire. Quoi ! Tueriez-vous celui que Dieu anima et que, d'un souffle, il dota de l'esprit ? Grave serait alors votre offense devant son trône !"

En résumé : dans le contexte de notre société actuelle, je suis, à titre personnel, résolument contre la peine de mort.

Pour le reste : qui vivra verra!

vendredi 26 janvier 2007

Où est le bonheur?

The Economist titrait récemment (fin décembre 2006) : "Happiness and how to measure it". Le sous-titre de l'éditorial consacré à ce sujet disait en substance : Le capitalisme nous rend riches et libres, ne lui demandons pas de nous rendre heureux.

Quel point de vue peut avoir un croyant, et un baha'i (notez que je ne parle pas de "point de vue baha'i") sur la relation entre le capitalisme, le travail et le bonheur?

Pour un croyant, un aspect, et non des moindres du bonheur, est de plaire au Créateur, et de s'épanouir dans sa vie. Cela peut se résumer par le deuxième extrait des Extraits des Ecrits de Baha'u'llah (que l'on peut aussi trouver ici).

"Le commencement de toutes choses est la connaissance de Dieu, et la fin de toutes choses est la stricte observance de tout ce qui a été envoyé de l'empyrée de la volonté divine qui pénètre tout ce qui est dans le ciel et tout ce qui est sur la terre."
Alors qu'est ce qui nous est demander de strictement observer?

"Tous les hommes ont été créés pour travailler à l'établissement et à l'amélioration croissante de la civilisation." (Extrait 109 § 4 des Extraits des Ecrits de Baha'u'llah)

"Il convient, en ce jour, à tout homme de, s'attacher fermement au Nom suprême et de travailler à établir l'unité de la race humaine." (Extrait 100 § 18 des Extraits des Ecrits de Baha'u'llah)
Voilà donc un lourd travail, mais qui ne peut permettre aujourd'hui de vivre, ou seulement dans les cas les plus rares. Qu'à cela ne tienne, il y a la solution dans le verset 33 du Kitab-i-Aqdas.

"Il incombe à chacun de vous de se livrer à une occupation telle que l'artisanat, le commerce ou toute autre activité. Nous avons élevé votre engagement dans un tel travail au rang de l'adoration du seul vrai Dieu."

Le travail est donc une prière, et contribue à cet objectif de plaire au Créateur. Tout de suite, la motivation pour travailler et atteindre l'excellence même dans son travail est différente!

Mais l'avancement de l'humanité dans tout cela? Voilà qui pourrait faire l'objet de longues réflexions. Tous les métiers sont-ils aussi utiles à l'humanité? Difficile question...à laquelle je vais encore un peu réfléchir.

A titre d'introduction ("food for thought") : il faut de tout (ou presque) pour faire un monde!

Il est très certainement souvent possible d'exercer sa profession en harmonie avec les différents principes baha'is, ou en tout cas de réfléchir à comment le faire, comme cela se fait par exemple au sein du European Baha'i Business Forum.

mercredi 10 janvier 2007

Le coursier de la patience...

La patience...quelle qualité!



Une qualité qu'il me faut développer ;-) même s'il arrive de recevoir de bonnes leçons!


Mais néanmoins il en faut...surtout quand on demande des participations à Unité dans la Diversité ou New Legal World Order, n'est-ce pas frérot? ;-)
Mais cela ne s'adresse pas seulement à lui...


Deux citations intéressantes lues récemment, qui permettent de réfléchir un peu...

consultables sur www.religare.org

"En vérité, je cherche patience en Dieu seul et je le considère comme le but de mon désir.

Ceci signifie que j'ai pour moi la Vérité indubitable." (5.27, sélection des Ecrits du Bab)

"La première vallée est la vallée de la recherche où l'on chemine sur le coursier de la patience.

Sans elle le voyageur n'arrive nulle part et ne peut atteindre nul but."

(Baha'u'llah, Les septs vallées, Verset 2.7)




J'aime beaucoup l'idée d'avoir "pour moi la Vérité indubitable", je ne veux ni ne peux donc l'imposer à quiconque...un garde-fou important fasse à tous les extrémismes.

Dans la recherche, sans patience, l'on arrive nulle part.

De quelle recherche s'agit-il?

Dans le contexte, de la recherche de la vérité probablement, celle que l'on cherche pour soi, mais cela ne s'applique-t'il pas à tout?


Comme ce cube par exemple...

vendredi 29 décembre 2006

Le rôle de la foi dans le monde moderne

Lu dans Le Monde, le Pape a déclaré, à l'occasion de la traditionnelle cérémonie des voeux
" que le véritable esprit de Noël, c'était de s'engager à "surmonter les préjugés, à renverser les barrières et mettre fin aux situations qui dressent les individus et les peuples les uns contre les autres, afin de construire un monde de justice et de paix", "
En remplaçant "le véritable esprit de Noël" par "le rôle de la foi" comme Le Monde l'a d'ailleurs fait dans le titre de l'article, et je ne peux que souscrire à cette analyse.

L'action de la communauté baha'ie se place d'ailleurs pleinement dans cet objectif. Offrir, à qui le souhaite, de venir vivre des moments de partage autour de lectures de textes (oasis de paix), de venir échanger sur des écrits baha'is donnant des éléments de réflexion sur l'avenir du monde du point de vue baha'i (cercles d'études) et de donner aux enfants une éducation fondée sur des valeurs morales inspirées des écrits baha'is (classes d'enfants).

mercredi 27 décembre 2006

Le pouvoir de la justice

Quel thème idoine pour un juriste pour débuter un blog avec des anecdotes personnelles, des réflexions sur le sens de la vie, l'importance de la justice et bien d'autres thèmes encore.

"La justice est la seule force qui puisse transformer la conscience naissante de l'unité de l'humanité en une volonté collective capable d'ériger sereinement les structures nécessaires à une vie communautaire mondiale."

Cette citation se trouve dans une déclaration intitulée : Vers une humanité prospère et est un hommage poignant à Baha'u'llah (fondateur de la foi baha'ie) qui commence son ouvrage intitulé Les Paroles cachées par l'extrait suivant :

"O fils de l'esprit ! A mes yeux, ce que j'aime par-dessus tout est la justice; ne t'en écarte pas si c'est moi que tu désires, et ne la néglige pas afin que je puisse me fier à toi. Par elle, tu pourras voir par tes propres yeux et non par ceux des autres, et tu pourras comprendre par ton propre savoir et non par celui du prochain. Pèse bien ceci : comment dois-tu être? En vérité, la justice est le don que je te fais, le signe de ma tendre bonté. Fixe donc ton regard sur elle."
Une autre illustration de cela, est le message publié par la Maison universelle de justice (organe dirigeant la communauté baha'ie) à l'attention des baha'is d'Egypte qui ont été privés de leur droit le plus élémentaire par la justice égyptienne : le droit de disposer de papiers d'identité comme tout citoyen. Vous trouverez plus d'informations à ce sujet ici ou ici.

Le texte de la déclaration (en anglais) est disponible ici.

Reste le contenu de ce courrier, dans lequel la Maison universelle de justice explique en quoi la décision (bien que négative dans l'immédiat) doit être vu comme une avancée vers le but que l'humanité se doit aujourd'hui de poursuivre, qui est celui de son unité.

Et cette unité ne peut venir que de la justice : justice que chacun d'entre nous peut, et même se doit, de mettre en oeuvre, à son niveau, dans ses relations familiales, personnelles, professionnelles...pour changer la société!