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vendredi 19 octobre 2007

Quelle autre cause?

Peu de temps, ces jours ci, et cela risque de durer, notamment en raison de la campagne pour les jeunes iraniens baha'is privés d'accès aux études : http://www.bahai.fr/interditsdapprendre

Néanmoins, juste le temps de réfléchir à une citation lue ce matin qui permet de prendre un peu de recul, de réfléchir lorsque les doutes nous assaillent :
"Nous avons clairement établi les moyens propres à favoriser l'élévation, le progrès, l'éducation, la protection et la régénération des peuples de la terre [...] Si cette cause doit être reniée, quelle autre cause en ce monde peut alors être défendue ou jugée susceptible d'être acceptée?"

Baha'u'llah, Les Tablettes de Baha'u'llah, p. 136
Cette citation contient pour moi le principe même de la recherche personnellement et indépendante de la vérité (auquel le fameux esprit critique français se prête si bien!).

Tant que l'on doute, que l'on recherche, que l'on pense par soi-même...rien n'est perdu!

vendredi 24 août 2007

"Les rapports inégaux créeront frustrations et désespoir"

De retour sur ce blog après un petit break vacancier...l'occasion de partager une fin de lecture!

Marc Ferro n’est plus à présenter et son autorité en matière historique est immense.

Dans Le Choc de l’Islam il donne une perspective historique de l’évolution du monde musulman et de l’Islam en terre non musulmane qui éclaire bien des aspects de notre histoire récente et contemporaine, mais est aussi très lourde de prévisions pour notre futur commun sur la planète Terre.

Une citation vers la fin de l’ouvrage a particulièrement retenu mon attention :
« […] la couleur du drapeau importe peu. Tant que, faute de mesures adéquates, les rapports inégaux créeront frustrations et désespoir, ici comme ailleurs, une bête immonde resurgira. »
Loin de justifier ou d’excuser les fondamentalismes de tout genre (comme le démontre le reste de l’ouvrage, cet extrait met l’ensemble de l’humanité devant sa responsabilité.

La lutte contre les fondamentalismes, contre le terrorisme consistant à lutter contre leur financement, à ultra-sécuriser nos vies, nos sociétés, à faire tomber des régimes soutenant ces mouvements est vouée à l’échec si elle n’est pas accompagnée d’une vision créatrice de ré-éducation de l’ensemble de l’humanité, seule capable de résoudre les problèmes globaux auxquels nous devons faire face.

Tout le reste ne sont que des mesurettes tentant de s’attaquer aux symptômes pour permettre à nos gouvernants de tout bord de se donner bonne conscience !

La lecture de cet ouvrage me fournira dans la foulée deux autres lectures certainement très différentes dans la même série Poches Odile Jacob :
- Dieu, un itinéraire, de Régis Debray
- Convaincre, de Jean-Denis Bredin et Thierry Lévy

lundi 16 juillet 2007

Du matérialisme à la vie après la mort

Deux petits évènements, absolument pas liés en apparence et pourtant...

Mon ordinateur (enfin plus exactement mon disque dur) a rendu l'âme (un an même pas après son acquisition - Mac n'est plus ce que c'était...), la dernière sauvegarde de données remontait à six bon mois...

Je viens de le récupérer, "tout neuf", tout propre, mais sans aucune donnée...

Un bon entrainement au détachement des choses matérielles :-)

Plus ou moins en même temps, un enième reportage sur le sujet, pourquoi celui-là m'aura marqué, je ne sais pas.

Toujours est-il que je me suis procuré (c'est facile et entièrement gratuit sur internet) une carte de donneur d'organes.

Sujet pas facile à aborder puisqu'il implique d'envisager la possibilité d'une mort violente jeune. Mais qui sait de quoi demain sera fait?

L'occasion de faire une petite recherche sur la position des écrits baha'is sur la question...

Selon Shoghi Effendi et la Maison universelle de justice, rien ne s'oppose au don d'organes, dès lors que la dignité du corps, temple de l'âme, est préservée.

C'est donc dans cette limite que j'accepte de donner des organes et tissus prioritairement pour des greffes, éventuellement pour la science.

En revanche, pas des organes apparents justement pour préserver la dignité du corps.

Bref, de l'apprentissage au détachement des choses matérielles, à envisager la vie après la mort, il n'y a qu'un pas! :-)

mercredi 25 avril 2007

Tout ça...dans quel but?

Dans une vie bien chargée, beaucoup d'activités en famille et avec les amis, un travail passionnant mais aussi très prenant, de nombreuses activités en dehors dutravail, ajoutez à cela la nécessité de dégager du temps pour remplir de manière responsable ses obligations citoyennes, et voilà que les jours, les semaines et les mois s'enchaînent à un rythme phénoménal.
Heureusement que les activités en famille et avec les amis compensent un peu en garantissant un certain équilibre important dans de telles circonstances.

Mais tout cela dans quel but?

L'objectif est toujours le même. Contribuer à son échelle à trouver des solutions aux problèmes de l'humanité dans son ensemble. Quelle lourde tâche!

Je pense (et je ne suis pas seul) que cela passe par une application permanente dans sa vie de tous les jours, même si c'est loin d'être facile.

L'attitude face à son travail, dans sa relation aux autres, dans la vie quotidienne hors du travail, tant de domaines et de milieux dans lesquels ils est possible d'appliquer, de faire connaître ses valeurs par l'action, et pas seulement en paroles. C'est dans cette optique que la communauté baha'ie offre des activités permettant de découvrir les solutions proposées aux maux de l'humanité

Pendant cette période politiquement agitée, la question se pose de savoir le temps qu'il convient ou non de passer à s'interroger sur son vote.

Quels pouvoirs et surtout quelle vision ont réellement nos hommes/femmes politiques aujourd'hui pour résoudre de manière globale les problèmes de l'humanité?

Ils n'ont ni la vision, ni les moyens quand bien même ils l'auraient, car la résolution globale des problèmes de l'humanité ne peut pas passer par l'action politique des dirigeants, mais elle ne peut venir que des tréfonds de l'humanité, de chacune et chacun d'entre nous décidant de modifier son approche de la vie, de sa vie, et de notre vie ensembles.

Alors voter? Pas voter? Pour qui voter?

Si les solutions ne sont de toute manière pas disponibles aujourd'hui, vaut-il mieux limiter les dégâts et voter au "moins pire" ou au contraire, accélérer la prise de conscience des problèmes empirants afin de permettre un changement réel?

Si l'on décide de voter, quels importance accorder aux différents éléments des programmes avec lesquels on peut ne pas être en accord?

Eternel questionnement...mais avec la conscience qu'il s'agit plus d'un placebo que d'une vraie solution, l'importance (et donc le temps) qu'il faudrait y accorder doit être relativisée (même si en pratique, cela est loin d'être simple).

Personnellement je participe aux scrutins (mais vous ne saurez pas comment), estimant qu'il est important de connaître et donc de participer dans un système pour pouvoir en voir et en comprendre les failles afin de voir dans quelle mesure les propositions alternatives répondent à ces failles.

L'occasion pour moi de ressortir un viel article au sujet du système politique démocratique le plus répandu aujourd'hui...qui fera l'objet d'un prochain billet...

mardi 13 février 2007

Sommes nous responsables de nos actes?

Intrigué à la lecture d'une série de billets de Pipoki s'intéressant au libre-arbitre, à la morale, au mérité etc...je me suis posé la question de mon approche face à ces questions, approche nécessairement influencée par mes convictions religieuses.

Tout d'abord, sommes-nous responsables de nos actes? A première vue, il semblerait que oui...

O fils de l'existence ! Fais ton examen de conscience chaque jour avant d'être appelé, car la mort fondra sur toi sans prévenir et tu seras invité à rendre compte de tes actes. (Parole Cachée 1:31)

La responsabilité implique que l'on puisse choisir. Comment pourrait-on être responsable si l'on ne décide pas d'agir d'une manière où d'une autre, si l'on ne dispose pas de libre-arbitre?

Sur ce point, les Extraits des Ecrits de Baha'u'llah apportent des éléments de réflexion utiles (Verset 68).

Sache, ô fruit de mon arbre, que les décrets du souverain Dominateur des choses touchant le destin et la prédestination sont de deux sortes. Il faut les accepter et leur obéir. Les décrets de la première sorte sont irrévocables tandis que les autres se trouvent, comme disent les hommes, en suspens.

Aux premiers qui sont définitifs, tous se doivent soumettre, sans réserve. Non que Dieu n'ait pas le pouvoir de les changer ou repousser. Mais le mal qui résulterait de ce changement serait pire que l'accomplissement du décret primitif, c'est pourquoi chacun doit acquiescer de tout coeur à la volonté divine et s'y tenir en toute confiance.

Quant au décret qui se trouve en suspens, il est, celui-là, d'une nature telle que les prières et les supplications le peuvent détourner. Dieu veuille que toi, qui es le fruit de mon arbre, et ceux qui se joignent à toi puissiez être préservés de ses mauvaises conséquences !

Les décrets touchant le destin. Cela signifie t'il que tout est réglé? Pourquoi si tel devait être le cas en serait-il pas écrit "Les évènements de la vie sont de deux natures...".

De plus, si seule la prière PEUT détourner un décret divin dans certains domaines, si l'ensemble des décrets immuables et en suspens devraient couvrir l'ensemble de la vie, cela reviendrait à une négation absolue du libre-arbitre.

De quels actes faudrait-il donc faire le bilan chaque soir? Des prières pour détourner un certain décret? Décret qu'au demeurant il n'est pas possible de connaître à l'avance?

Quel intérêt présentent pour un croyant les actes dans ce monde? Si ce n'est d'acquérir des qualités pour la vie dans l'au-delà? Comment pouvons nous mesurer nos actes?

Là pour le coup, la réponse est claire :
Combien souvent il arrive qu'un pécheur atteigne, à son heure dernière, l'essence même de la foi, se décide finalement à boire à la coupe de l'immortalité et prenne son vol vers l'Assemblée céleste, alors qu'un dévot croyant, à l'heure fixée pour l'ascension de son âme, tombe au contraire, par suite d'un changement radical, dans les derniers degrés de la géhenne. (Verset 125 des Extraits des Ecrits)

Pour résumer...nous savons qu'il faut faire un examen de conscience quotidien ce qui pousse à croire à un certain libre-arbitre, mais ne savons pas vraiment sur quels critères ce qui en limite nécessairement la portée. Il est possible de s'interroger sur la part de notre vie qui est pré-écrite ou non et de surcroît, même la décision finale n'est pas nécessairement dépendante des bonnes ou mauvaises actions.

Quelle conclusion en tirer? Baha'u'llah continue :
"Notre intention, en révélant ces substantielles et convaincantes paroles, est de persuader celui qui cherche la vérité, qu'il doit tenir pour transitoires, voire pour un pur néant, toutes choses autres que Dieu qui est l'Objet de toute adoration." (Verset 125 des Extraits des Ecrits)

Voici donc le fin mot de l'histoire : la crainte de Dieu!

A mon sens, nous sommes responsables de nos actes, nous avons un marge de manoeuvre et une influence sur nos vies...

Les Ecrits baha'is sont pleins d'appel à l'initiative et à la responsabilité individuelle. Un extrait intéressant des Causeries d'Abdu'l-Baha à Paris est à cet égard intéressant :
"Je vous encourage fortement à ne pas laisser vos coeurs enchaînés par les choses matérielles de ce monde; je vous adjure de ne pas demeurer allongés complaisamment sur le lit de la négligence, prisonniers de la matière, mais bien de vous lever et de vous libérer de ses chaînes." (Causeries d'Abdu'l-Baha à Paris)
Simplement, nous devons toujours garder en mémoire que nous n'avons pas la compétence de juger de la qualité ou non de nos actes. Nous avons la possibilité de la mesurer, des règles, des obligations nous indiquent une marche à suivre, une ligne rouge à ne pas dépasser, ou parfois seulement des voies possibles, mais malgré cela, Lui seul garde le dernier mot.

Nous sommes doués de raison, capables d'influencer le cours de nos vies (dans une certaine mesure), nous nous devons d'agir, nous sommes responsables de nos choix, capables de les évaluer, mais non compétents pour en tirer les conséquences : voilà à mon sens une approche de la crainte de Dieu.

vendredi 26 janvier 2007

Où est le bonheur?

The Economist titrait récemment (fin décembre 2006) : "Happiness and how to measure it". Le sous-titre de l'éditorial consacré à ce sujet disait en substance : Le capitalisme nous rend riches et libres, ne lui demandons pas de nous rendre heureux.

Quel point de vue peut avoir un croyant, et un baha'i (notez que je ne parle pas de "point de vue baha'i") sur la relation entre le capitalisme, le travail et le bonheur?

Pour un croyant, un aspect, et non des moindres du bonheur, est de plaire au Créateur, et de s'épanouir dans sa vie. Cela peut se résumer par le deuxième extrait des Extraits des Ecrits de Baha'u'llah (que l'on peut aussi trouver ici).

"Le commencement de toutes choses est la connaissance de Dieu, et la fin de toutes choses est la stricte observance de tout ce qui a été envoyé de l'empyrée de la volonté divine qui pénètre tout ce qui est dans le ciel et tout ce qui est sur la terre."
Alors qu'est ce qui nous est demander de strictement observer?

"Tous les hommes ont été créés pour travailler à l'établissement et à l'amélioration croissante de la civilisation." (Extrait 109 § 4 des Extraits des Ecrits de Baha'u'llah)

"Il convient, en ce jour, à tout homme de, s'attacher fermement au Nom suprême et de travailler à établir l'unité de la race humaine." (Extrait 100 § 18 des Extraits des Ecrits de Baha'u'llah)
Voilà donc un lourd travail, mais qui ne peut permettre aujourd'hui de vivre, ou seulement dans les cas les plus rares. Qu'à cela ne tienne, il y a la solution dans le verset 33 du Kitab-i-Aqdas.

"Il incombe à chacun de vous de se livrer à une occupation telle que l'artisanat, le commerce ou toute autre activité. Nous avons élevé votre engagement dans un tel travail au rang de l'adoration du seul vrai Dieu."

Le travail est donc une prière, et contribue à cet objectif de plaire au Créateur. Tout de suite, la motivation pour travailler et atteindre l'excellence même dans son travail est différente!

Mais l'avancement de l'humanité dans tout cela? Voilà qui pourrait faire l'objet de longues réflexions. Tous les métiers sont-ils aussi utiles à l'humanité? Difficile question...à laquelle je vais encore un peu réfléchir.

A titre d'introduction ("food for thought") : il faut de tout (ou presque) pour faire un monde!

Il est très certainement souvent possible d'exercer sa profession en harmonie avec les différents principes baha'is, ou en tout cas de réfléchir à comment le faire, comme cela se fait par exemple au sein du European Baha'i Business Forum.